Diplômé d’un master en physique puis d’un doctorat en science de l’environnement, Yves Loerincik, s’est engagé professionnellement pour la durabilité dès sa sortie de l’EPFL en 2000. De la co-fondation de start-ups et d’associations à la gestion de missions stratégiques au canton de Vaud, il s’investit à différents niveaux pour mettre en œuvre ses convictions.
Né à Lausanne, Yves Loerincik grandit entre deux cultures : celle de la Suisse, dans un milieu social aisé, et celle de la Slovaquie, pays d’origine de son père, où le communisme est présent. Pourtant, les questions de durabilité environnementale ne sont que rarement abordées dans sa famille, même à l’heure actuelle.
Après ses études en physique, il cherche sa voie.
« J’avais besoin d’hyper-concret dans mon travail, peut-être en réaction à l’hyper-abstrait de mes études. »
Après un stage en Inde, il se dit que l’humanitaire serait pour lui quelque chose de trop difficile. Un stage en écologie industrielle l’aide cependant à identifier que les thématiques environnementales seraient un bon compromis pour apporter sa contribution aux problématiques globales.
C’est finalement grâce à la fermeture du Laboratoire de Gestion des Ecosystèmes au sein duquel il effectue sa thèse en lien avec les questions de cycle de vie des produits que sa voie se concrétise.
Le jour même de sa défense de thèse, il co-fonde Quantis, sa première start-up, un cabinet de conseil en stratégie environnementale. Rien n’avait été anticipé, explique-t-il. « Nous ne voulions juste pas que l’expertise du laboratoire se perde ».
Grâce à cette expérience, il développe une forte compréhension du monde des multinationales. Il réalise combien les connaissances scientifiques peuvent aider ces structures et appuyer les décisions qui y sont prises, même s’il est parfois difficile de faire bouger les lignes dans ces environnements très politiques et avec des contraintes financières fortes.
« J’ai toujours été curieux de comprendre comment les systèmes fonctionnent. »
Fidèle à sa polyvalence, il s’engage au sein d’autres start-ups à impact, comme eqlosion, qu’il co-fonde en 2015. Il s’engage également dans des associations comme Graines de nature, un jardin-forêt communautaire, ou Jardin-Forêt Suisse.
En 2023, il intègre l’Office Cantonal de la Durabilité et du Climat du Canton de Vaud (OCDC). Il voit des similitudes entre le monde de l’entreprenariat et son travail actuel, qui offrent tous deux des espaces de liberté pour agir.
L’approche, cependant, est nouvelle pour lui : « Cela vient sûrement de mes études de physique. Je retrouve ce besoin de modéliser les enjeux et les acteurs régionaux pour comprendre comment agir au mieux et contribuer au vivre-ensemble ».
Il invite par ailleurs l’EPFL à renforcer son lien avec l’OCDC, qui travaille notamment avec de nombreux organismes prestataires parapublics ainsi qu’un réseau important de PME.
Depuis quinze ans, Yves est sans cesse à la recherche de leviers de transformation. La dimension locale lui paraît primordiale pour amener plus de résilience.
Et s’il devait donner un conseil aux prochaines générations issues de l’EPFL ? « Expérimentez de façon concrète, intéressez-vous à la durabilité de manière large et créez des offres pour répondre aux problématiques ».
Et de conclure : « Ne choisissez pas la facilité ! ». Un principe qu’il a lui-même appliqué à la lettre.

