Alissar Chaker
Portraits Durabilité 2026 — EPFL Alumni

Alissar Chaker

Représentante Résidente · Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

Au service du développement humain et de la résilience des territoires

Formation

MSc Ingénierie et Management de l'Environnement, EPFL 2002

Organisation

Programme des Nations Unies pour le Développement

Domaine durabilité

Développement humain & résilience climatique

Lieu

Lima, Pérou

Représentante Résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement, Alissar Chaker consacre sa vie à agir pour le développement humain et la préservation de l'environnement, dans des contextes de crises ou post-crises. Elle est envoyée aux quatre coins du monde, où elle se dévoue pour ce qu'elle appelle le « business of hope ».

Née au Liban pendant la guerre, Alissar est, depuis son plus jeune âge, attirée par la préservation du patrimoine naturel : « Je ne pouvais pas jouer dehors ou profiter des magnifiques paysages qu'offrait mon pays. C'est ce manque qui a aiguisé ma curiosité et a créé mon intérêt. »

Elle commence son parcours académique par une licence en ingénierie d'agronomie avec une spécialité en contrôle sanitaire, faute de formation en environnement à l'Université Américaine de Beyrouth en ce temps. Après un travail de recherche en collaboration avec l'université de Reims en France aboutissant à la description d'un nouvel insecte pour la science, le Synphlebotomus saltiae, insecte vecteur de la leishmaniose, maladie parasitaire, elle décide de se recentrer sur l'environnement.

« C'était un travail technique, très centré sur les solutions durables qui allie compétences scientifiques et action sur le terrain. »

Elle entame alors un Master à Manchester en pollution et contrôle de l'environnement. À la fin de celui-ci en 1998, elle est recrutée pour un projet de la Banque Mondiale sur la gestion des déchets hospitaliers et des déchets solides municipaux au Liban, puis sur un projet régional financé par l'Union Européenne au Liban, Syrie et Jordanie pour la gestion intégrée des zones côtières.

C'est forte de ces expériences qu'Alissar arrive à l'EPFL en 2002 où elle suit le Master en Ingénierie et Management de l'Environnement. Peu de temps après, elle postule avec succès au Leadership Development Programme du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

« Je viens d'un pays en crise. Pour moi, l'ONU jouait un rôle important et véhiculait des valeurs fortes. »

Après une mutation de deux ans au siège des Volontaires des Nations Unies à Bonn, elle rejoint le Timor Oriental, où elle travaille sur des questions de cohésion sociale, de réforme sécuritaire et de gestion des risques de catastrophes.

Elle est envoyée ensuite en Égypte en 2011 en tant que responsable régionale de gestion de crises, puis en Libye après la chute de Kadhafi afin d'aider au développement du programme de soutien du PNUD.

Après son accouchement, elle part trois ans en Syrie, pays en pleine guerre, seule sans sa famille. Elle se retrouve par la suite au Honduras, dans un contexte de violence systémique, notamment dû à des cartels de drogues. Elle y travaille sur la gouvernance démocratique, l'environnement, l'adaptation au changement climatique et la pauvreté.

En 2019, elle est envoyée en Tunisie pour contribuer à la transition démocratique et la cohésion sociale au sortir de la révolution. Elle se rend ensuite au Cambodge, où elle soutient la protection des écosystèmes naturels et l'application de l'accord de Paris sur les changements climatiques.

Aujourd'hui, elle se trouve au Pérou, où le PNUD aide à préserver la forêt amazonienne, entre autres, et promouvoir l'inclusion socioéconomique.

Ses années à l'EPFL représentent un tournant dans sa vision du monde :

« J'avais une perspective très technique et cloisonnée en arrivant à l'EPFL. Mais c'est durant mes études que j'ai pris conscience que le développement ne pouvait être que plurisectoriel. »

Elle conclut par un appel à la jeunesse : « Le plus dangereux à mes yeux est d'avoir une jeunesse dissociée de la réalité de son pays et du monde. »

Elle nous laisse avec une petite piste de réflexion : « Faire du volontariat sur des thèmes liés à la nature quand on est jeune aide à développer une certaine sensibilité, mais aussi une certaine humilité. »