Responsable Environnement chez Givaudan, Hannie de Wit mise sur ses connaissances et son énergie pour transformer l’entreprise de l’intérieur. Son ambition : contribuer à davantage de justice à travers son travail.
De double nationalité franco-mexicaine, Hannie de Wit grandit au Mexique mais étudie au sein du système scolaire français. Une fois son baccalauréat scientifique en poche, elle choisit en 2014 de rejoindre la Suisse et l’EPFL pour poursuivre ses études.
Elle s’y passionne pour les mélanges et les réactifs, passe une année d’Erasmus à Barcelone, réalise sa thèse de Master à Londres, pour finalement obtenir son diplôme d’ingénieure chimiste en 2020.
Elle cherche à s’extraire de cet adage connu chez les chimistes, celui des 3P: "Plus ça pollue, plus ça paie". Pour cela, elle est bien décidée à mettre ses connaissances au service d’un monde meilleur.
Durant ses deux premières années dans l’industrie, elle échoue à convaincre sa direction de s’attaquer aux questions environnementales. Elle décide donc de reprendre ses études et suit le CAS Développement Durable Horizon 2030 à l’Université de Genève, où elle se plonge dans l’analyse de cycle de vie des ingrédients de parfumerie.
Elle apprécie fortement cette période, durant laquelle elle rencontre d’autres personnes en phase de questionnement. Elle rejoint Givaudan en 2023, l’un des principaux acteurs sur le marché des parfums et des arômes, où ses intérêts professionnels et personnels s’épanouissent.
« La justice est une valeur importante pour moi. Depuis mon plus jeune âge, je suis interloquée par les contrastes sociaux. »
« Le fait que le droit environnemental ne soit pas respecté, et que la nature soit uniquement perçue comme une ressource, me déconcerte aussi beaucoup. Je suis très consciente que nous sommes la génération qui subira les conséquences des choix passés et présents, mais tout aussi consciente des privilèges dont je bénéficie personnellement. »
Trouver le moyen de donner une voix à la nature lui tient à cœur et son combat s’oriente vers la responsabilité des entreprises.
« Elles constituent un rouage essentiel. Les décisions et les changements y prennent du temps, mais cela va dans le bon sens. Les clients poussent pour que l’impact environnemental de nos produits s’améliore, et cela nous aide à justifier les transformations en interne. »
Au sein de Givaudan, Hannie de Wit développe, entre autres, de nouveaux standards industriels. Elle se base pour cela sur des méthodologies spécifiques à l’industrie chimique, car l’empreinte carbone est trop généraliste.
« Rien ne sert de foncer dans un mur, mais trouver la bonne porte est un apprentissage. »
Sa passion l’amène à consacrer une grande partie de son énergie au travail, mais elle sait qu’elle doit apprendre à mieux se protéger.
« Il faut savoir se remettre à l’ouvrage même si parfois, l’envie de baisser les bras peut être grande. Les enjeux environnementaux gagnent en crédibilité en interne, bien qu’à l’heure actuelle, travailler à un monde plus durable reste un combat. »
À titre personnel, le sport constitue un élément clé et lui permet de maintenir un équilibre. Son mari l’aide aussi énormément par son écoute, et voir grandir les plantes de son balcon lui apporte beaucoup de satisfaction.
Apprendre à cultiver nos jardins : c’est peut-être là ce qu’Hannie de Wit essaie de transmettre.

