Conseillère en produits médicaux durables chez Médecins sans Frontières, Eléa Dheilly nous fait part de son parcours riche et engagé, jalonné de différentes passions alliant aptitudes intellectuelles et manuelles.
Eléa Dheilly grandit en Alsace, où elle obtient son baccalauréat au lycée international en 2011. Elle y développe une curiosité sans bornes pour la photographie, l’art, les langues, mais aussi pour les sciences, ce qui l’amène à choisir l’EPFL en Sciences du Vivant pour ses études.
Malgré une première année difficile, elle y trouve son équilibre en alternant cours, activités sociales, et assistanat au Point Vélo ainsi qu’au service de la promotion des sciences. Trois ans durant, elle rejoint également l’équipe de programmation de Balélec, le fameux festival musical du campus lausannois.
C’est durant son Master qu’elle se spécialise, à travers un cursus en Neurosciences puis une année passée à l’institut Max Planck, en Allemagne, où elle combine recherches neurosciences et musique .
Fin 2018, alors que se referme le chapitre de sa vie d’étudiante, Eléa prend le temps de voyager un an à vélo, qu’elle finance en donnant des cours de kitesurf.
« Mon parcours d’ingénieure m’aide énormément, de même que mes expériences dans le secteur médical et environnemental. Pour MSF, mon profil est rare. »
Sa carrière débute à son retour en France, début 2020, avec un poste de coordinatrice scientifique à Brest, au sein d’une équipe de recherche sur le handicap moteur de l’enfant. Ensuite, elle devient cheffe de projets dans un laboratoire nantais de recherche en thérapie génique.
« L’activité impliquait des expériences sur des animaux et éthiquement, je ressentais une dissonance cognitive même si cette recherche est essentielle. Par ailleurs, alors le développement était financé par des fonds publics, les brevets étaient vendus à l’industrie. Le prix d’une dose pouvait atteindre 1,2 millions d’euros ! »
Elle effectue alors un virage à 180° afin de se reconnecter à ses valeurs, et co-crée un atelier de réparation de vélos : « Cela peut sembler trivial, mais réparer bénévolement des vélos est une façon à mon échelle de lutter contre les inégalités et d’œuvrer pour l’environnement », explique-t-elle.
Elle se consacre à cette mission durant un an, avant de chercher un nouvel emploi salarié. Ce sera dans une association environnementale, qu’elle rejoint en 2023 en tant que responsable éducation et sensibilisation sur les enjeux environnementaux, puis au sein de Médecins sans Frontières (MSF), en tant que conseillère en produits médicaux durables: « Ce dernier travail coche toutes les cases. Mon poste vise à réduire l’impact des articles médicaux à usage unique. Ils représentent les deux tiers des articles utilisés pour les soins auprès de 16 millions de patients à travers le monde. Cela demande beaucoup de créativité, ainsi qu’une compréhension globale des pratiques médicales et des processus de développement de produits. »
Eléa ressent toujours une forme d’incomplétude et une soif de savoir. Pour y répondre, elle continue à se nourrir intellectuellement, en reprenant l’étude de l’allemand, en lisant des bandes dessinées, ou encore en naviguant.
« J’aurais adoré avoir des profils comme le mien représentés à l’EPFL. »
Elle considère les chemins de traverse qui ont marqué son chemin comme des expériences pertinentes. Pour savoir que d’autres chemins sont possibles.

